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Eau potable : la Fédération des Cités reçue par le Directeur général de la SONES

La Fédération des Cités de Tivaouane Peuhl Extension a été reçue ce vendredi, 18 septembre 2026, par le Directeur général de la SONES, M. Abdou Niang, entouré de trois de ses collaborateurs. Une rencontre attendue, consacrée aux difficultés persistantes d’accès à l’eau potable dans les quartiers de la zone et aux perspectives de solutions durables.

Dès l’entame des échanges, le Président de la Fédération, M. Fall, a vivement remercié le Directeur général pour l’audience accordée. Il a souligné l’importance de cette disponibilité, rappelant que la Fédération a, au fil des années, adressé plusieurs correspondances aux autorités et à différentes directions pour attirer l’attention sur les difficultés vécues par les populations.

Malgré ces nombreuses démarches, l’accès à l’eau demeure une préoccupation quotidienne. À l’insuffisance de la desserte s’ajoutent les problèmes liés à la qualité de l’eau actuellement utilisée par certaines familles, notamment sa forte teneur en calcaire. Le Président a ainsi sollicité l’accompagnement de la SONES afin qu’une solution durable puisse enfin être apportée.

Une réalité qui concerne près de 25 000 habitants

Prenant à son tour la parole, le Délégué Badji a réitéré les remerciements de la Fédération au Directeur général et à ses équipes. Il a surtout insisté sur l’ampleur du problème, qui concerne une zone comptant environ 25 000 habitants, avant d’exprimer les grands espoirs placés dans cette rencontre.

Le Délégué Ba est revenu sur l’évolution considérable des quartiers concernés. Certains existent maintenant depuis plus de vingt ans, tandis que l’ensemble de la zone s’étend sur plus de 200 hectares.

Il a notamment tenu à apporter une précision importante sur les « forages » auxquels les populations ont recours. Il ne s’agit pas, pour l’essentiel, d’ouvrages conventionnels réalisés par l’État, mais d’installations artisanales que les familles disposant de moyens font réaliser devant leur domicile pour accéder à l’eau souterraine.

Il a ainsi invité le Directeur général et ses équipes à venir constater la situation sur le terrain. Il a également évoqué le coût particulièrement élevé des solutions individuelles proposées aux habitants, avant d’exprimer un souhait largement partagé : voir un jour la réalisation et l’inauguration d’infrastructures permettant enfin une desserte convenable des quartiers.

Des branchements ordinaires financièrement hors de portée

Ibrahima Ba, agent de la SONES résidant lui-même dans la zone, a apporté un éclairage plus technique sur la situation des conduites et canalisations existantes. Son intervention a notamment mis en évidence la nécessité d’une intervention structurante permettant aux ménages de bénéficier de branchements sociaux.

Pour la Fédération, cette dimension est essentielle : les coûts de branchements ordinaires sont difficilement supportables pour une grande partie des familles.

Alassane Dièye, chargé de communication de Loukhmane, a pour sa part insisté sur le caractère stratégique d’une zone en pleine mutation, marquée à la fois par l’arrivée d’acteurs privés et par le développement de grands projets publics, notamment autour du pôle urbain du Lac Rose. Il a plaidé pour que les populations déjà installées puissent elles aussi bénéficier des infrastructures essentielles et disposer de l’eau potable, avec des branchements leur permettant ensuite de s’acquitter normalement de leurs factures.

Quand l’assainissement aggrave encore le problème de l’eau

Mme Sarr, représentante des femmes de la Fédération, a attiré l’attention sur une autre dimension préoccupante : la proximité croissante entre les sources d’eau utilisées par les ménages et les fosses septiques. Elle a également évoqué différents problèmes sanitaires observés au sein des familles.

Le Délégué Guèye a abondé dans le même sens, tout en félicitant le Directeur général pour sa démarche d’écoute des populations. Il a rappelé que les différentes démarches entreprises par les habitants ont parfois abouti à des devis de plus de 4 millions de francs CFA, pouvant atteindre 11 millions, des montants hors de portée de nombreux ménages.

Ibrahima Sylla, délégué du quartier Aldiana Filao, s’est inscrit dans la même dynamique, remerciant le Directeur général pour son écoute et rappelant l’acuité ainsi que le caractère collectif des difficultés vécues dans les différents quartiers.

Des perspectives concrètes présentées par la SONES

En réponse aux différentes interventions, le Directeur général Abdou Niang a reconnu les difficultés exposées par la Fédération. Il est également revenu sur les interventions réalisées dans la zone lorsqu’il exerçait les fonctions de Directeur des opérations.

Ses collaborateurs ont rappelé qu’environ 60 kilomètres de réseau avaient été réalisés à partir des années 2006 et au-delà, des investissements importants qui n’ont toutefois pas permis de résorber entièrement les difficultés face à l’extension rapide de l’urbanisation.

La SONES travaille désormais sur un nouveau programme structuré autour de deux grands volets : l’adduction d’eau dans les zones encore dépourvues de réseau et l’augmentation du débit dans les secteurs où les infrastructures existantes ne permettent pas une alimentation suffisante.

Les responsables de la SONES ont notamment présenté à la Fédération un programme d’un montant d’environ 1,6 milliard de francs CFA destiné à couvrir la zone. Selon les informations communiquées lors de la rencontre, le marché est déjà attribué et les travaux doivent prochainement entrer dans leur phase opérationnelle.

Le Directeur général a par ailleurs rappelé qu’à son arrivée, il avait mis en place une organisation accordant une place particulière aux questions de distribution et d’accès à l’eau, traduisant la volonté de renforcer la desserte des populations.

« Une démarche d’intérêt public »

Tout en se disant pleinement conscient des difficultés rencontrées, le Directeur général a appelé les populations à la vigilance concernant les solutions alternatives auxquelles elles sont contraintes de recourir, notamment certaines pompes et l’eau commercialisée en sachets.

Il a également invité à explorer le dialogue avec les grands projets et entreprises intervenant dans la zone afin que ceux-ci puissent, lorsque cela est possible, contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations dans le cadre de leur responsabilité sociétale d’entreprise (RSE).

Au-delà de la question de l’eau, Abdou Niang a particulièrement salué la démarche collective de la Fédération des Cités et son rôle d’assistance et d’intérêt public auprès des populations. Pour le Directeur général, ce type d’engagement citoyen participe aux transformations positives de la société.

Clôturant les échanges au nom de la Fédération, M. Fall a renouvelé ses vifs remerciements au Directeur général et à l’ensemble de ses collaborateurs. Il s’est dit satisfait de la qualité des échanges et de l’écoute accordée aux représentants des quartiers, voyant dans cette audience un signal encourageant pour la suite des démarches.

Après des années d’interpellations et de démarches, cette rencontre ouvre ainsi une perspective nouvelle pour les milliers d’habitants concernés. La Fédération entend désormais rester mobilisée, suivre la concrétisation des programmes annoncés et continuer à porter auprès des autorités les préoccupations communes des quartiers.